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<title>B comme BEAUCARNE - Bienvenue sur mon Blog</title>
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<subtitle>Qui suis-je ? D'où viens-je ? Où vais-je ? Où cours-je ? Dans quel état j'erre ? Quelques pages sur ma famille, ma généalogie, ma vie, ...</subtitle>
<updated>2012-02-03T13:06:28+01:00</updated>
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<title>Meilleurs voeux !</title>
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<updated>2012-01-01T08:48:36+01:00</updated>
<published>2012-01-01T08:46:00+01:00</published>
<summary> Journal d'RTL le 31/12/2011... Ma fille Aurore DUVEAU à 9:53 !    &amp;nbsp;...</summary>
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&lt;p&gt;Journal d'RTL le 31/12/2011... Ma fille Aurore DUVEAU à 9:53 !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tous mes voeux pour beaucoup d'heureux moments en 2012 !&lt;/p&gt;
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<name>Monique</name>
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<title>Noël 2011...</title>
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<updated>2011-12-25T18:02:06+01:00</updated>
<published>2011-12-25T18:02:06+01:00</published>
<summary> ... Les 2 petites-filles réunies !  &amp;nbsp;       </summary>
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&lt;p&gt;... Les 2 petites-filles réunies !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-8953757&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/2909538794.jpg&quot; alt=&quot;noel2011 012.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-8953767&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/573373514.jpg&quot; alt=&quot;noel2011 014.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Le plus vieux citoyen d'Esplechin (fin)</title>
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<updated>2011-08-14T10:29:13+02:00</updated>
<published>2011-08-14T10:21:00+02:00</published>
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<summary> Un matin, en s’éveillant, les gosses du village ne virent plus ce qu’avaient...</summary>
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&lt;p&gt;Un matin, en s’éveillant, les gosses du village ne virent plus ce qu’avaient pu voir leurs ancêtres d’il y a deux cents ans&amp;nbsp;: une grande couture, toute nue, sans rien pour accrocher leur regard jusqu’à l’horizon... Leur vieil ami était parti, vendu à un étranger qui l’avait fait démonter et enlever.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On l’avait chassé.&amp;nbsp; On ne lui avait pas accordé la sympathie que l’on doit à ses vieux qui aiment à s’endormir, lentement et sans bruit, sur les lieux mêmes où ils ont toujours vécu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Déjà, une charrue creusait des sillons noirs sur sa butte.&amp;nbsp; Il ne fallait pas laisser de traces à ce crime...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il fut emmené à quelques lieues de là, dans la propriété d’un homme qui avait ressenti toute l’étendue de cette grande détresse et avait cru bien faire en agissant ainsi...&amp;nbsp; Il l’installa sur la butte d’un ancien moulin, brûlé par l’orage, et fit procéder aux réparations les plus indispensables.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il resta là, durant un quart de siècle, maintenu en vie par les soins constants de cet homme plein de bonté et de sollicitude mais qui ne comprit jamais qu’un moulin ne pouvait pas être tout à fait heureux, loin des siens...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; *****************************************&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Voilà ce que le moulin de bois m’a raconté, quelque temps après son arrivée chez nous...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le vieux monsieur si bon était mort.&amp;nbsp; Sa femme céda le moulin à l’administration de notre commune qui aimait les vieilles choses. Il fut démonté une nouvelle fois, transporté par morceaux et remonté à quelques centaines de mètres d’ici, dans ce qui peut paraître, aux yeux des gens de maintenant, un coin de campagne...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un petit coin&amp;nbsp;!.. Entre la route dont je vous parlais tantôt, un énorme bâtiment qui ressemble à un nid d’abeilles et un immense terrain vague... qui ne le sera bientôt plus d’ailleurs, puisqu’on y construira, sous peu, une grande école.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien sûr, il y a quelques arbres, pas loin de là et, autour de lui, on a aménagé un beau petit parc, avec des bancs.&amp;nbsp; «&amp;nbsp;Mais j’étouffe ici, me dit-il, et puis, ce n’est pas vraiment «&amp;nbsp;ma butte...&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;A côté, il y a un manège où les jeunes gens viennent apprendre à monter à cheval.&amp;nbsp; Cela lui rappelle un peu les gosses de son village.&amp;nbsp; Mais ils ne le regardent même pas, trop occupés qu’ils sont à se tenir correctement sur leur monture.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il n’est pas tout à fait solitaire.&amp;nbsp; Tous les dimanches, des gens viennent le visiter.&amp;nbsp; Surtout des jeunes, qui n’ont jamais vu de moulin.&amp;nbsp; Ils sont accueillis par un meunier qui leur explique comment toute cette machinerie fonctionne.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Parfois, quand le vent souffle, le meunier habille ses ailes et il peut tourner pendant quelques heures.&amp;nbsp; Même, au début, on lui a donné un peu de grain et il a pu faire – oui&amp;nbsp;!- de la vraie farine que les visiteurs ont emportée, comme il y a deux cents ans, le samedi où ses ailes ont tourné pour la première fois.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais cela n’a pas duré longtemps.&amp;nbsp; Tout est vite rentré dans le calme.&amp;nbsp; Il est devenu un vrai musée.&amp;nbsp; Il m’a dit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je ne suis plus un moulin.&amp;nbsp; Je ne suis plus qu’une chose inerte qui montre comment était un moulin.&amp;nbsp; Oh, mon monnier est gentil. &amp;nbsp;C’est un vrai monnier, j’en suis sûr&amp;nbsp;! Et je pense bien qu’il est aussi triste que moi de ne plus pouvoir travailler vraiment... Mais, pour lui aussi, c’est fini.&amp;nbsp; Maintenant... il est gardien de musée.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On lui a remplacé beaucoup de ses poutres vermoulues par de nouvelles, sciées proprement, bien droit, à la machine.&amp;nbsp; Certaines parties qui, dans le temps, étaient en bois, comme tout le reste, sont maintenant en acier.&amp;nbsp; Une de ses grandes roues d’axe a été remplacée par celle d’un autre moulin, plus jeune que lui.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Finalement... que reste-t-il de moi&amp;nbsp;?&amp;nbsp; Je ne me reconnais plus...&amp;nbsp;» Et il a ajouté ceci&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Une de mes vieilles ailes a été enlevée.&amp;nbsp; Elle traîne, là, dans l’herbe, à quelques mètres de moi...&amp;nbsp;»&amp;nbsp; J’ai eu beaucoup de mal à comprendre cette dernière phrase.&amp;nbsp; J’avais l’impression d’entendre comme des sanglots.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dernièrement, il m’a raconté que, parmi les visiteurs, il en avait vu un, un monsieur déjà âgé, la cinquantaine, qui l’examinait attentivement.&amp;nbsp; Il était avec sa femme et il lui montrait des tas de choses... «&amp;nbsp;Puis, brusquement, il s’est approché de moi et s’est mis à caresser mes poutres, à la recherche de quelque chose... de quelque chose que je n’avais plus... qu’on m’avait enlevé... Non, mon vieux, les dix générations d’initiales, de cœurs avec une flèche, de déclarations d’amour, tout cela, c’est fini aussi...&amp;nbsp; A fait, ce n’est pas toi, le Pierre qui fréquentait la Josiane&amp;nbsp;?..&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; **********************&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voilà l’histoire, un peu mélancolique, de ce vieux moulin à vent qui, depuis longtemps déjà, voudrait mourir tout à fait.&amp;nbsp; Puisqu’il ne sert plus à rien et que, chez les siens, on n’a plus voulu de lui...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Parfois, il me dit que, même si je ne travaille plus, j’ai bien de la chance de n’avoir pas dû quitter mon village.&amp;nbsp; C’est vrai.&amp;nbsp; Il a raison, dans un sens.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais je regrette tout de même le temps passé où les gens venaient gentiment, en amis, me rendre visite et me voir tourner gaiement, dans l’eau de ma rivière.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Maintenant, ils sont là, en groupe, à me regarder, comme on regarde une antiquité.&amp;nbsp; Ils évaluent l’épaisseur de mes aubes.&amp;nbsp; Se demandent de quel bois elles sont faites.&amp;nbsp; Parlent d’énergie mécanique.&amp;nbsp; Prennent une photo et s’en vont, contents d’eux-mêmes...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Souvent, l’un d’eux fait une réflexion, désobligeante&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Tu crois qu’il est réellement du quatorzième siècle, ce moulin à eau&amp;nbsp;?..&amp;nbsp;»&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; En hommage à ma mère,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Albert-Henri GALAN&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;******************************************************************************&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cette brochure que j'ai retrouvée à l'école a été éditée par les jeunes du Club des Jeunes d'Esplechin sous la responsabilité de l'Abbé Jules Dellacherie en 1969 !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Albert-Henri Galan est un pseudonyme.&amp;nbsp; Mais c'est un &quot;fils&quot; d'Esplechin.&amp;nbsp; Il a très bien connu notre moulin.&amp;nbsp; Il y a souvent mangé ses tartines de confiture, à l'époque joyeuse des vacances où sa mère l'envoyait glaner sur les champs de la Grande Couture. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Lorsqu'un jour, au cours d'une promenade, il revit son vieux moulin, il fut ému et décida d'en écrire l'histoire à sa façon. Sous la forme d'un dialogue s'établissant entre les deux vieux moulins, celui à vent et celui à eau.&amp;nbsp; Deux vieux qui remuent leurs souvenirs, en se chauffant au soleil... &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;(Extrait de l'avant-propos de la brochure)&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ci-dessous des photos ou gravures de ces deux moulins.&amp;nbsp; Celui &quot;d'Esplechin&quot; fait partie du site &quot;Hof ter musschen&quot;.&amp;nbsp; Sur la photo de l'inauguration, on voit l'épouse du Docteur Duthoit, le &quot;gentil monsieur&quot; qui avait déplacé notre moulin à Arc-Ainière avant qu'il ne soit vendu à la ville de Woluwé-Saint-Lambert.&amp;nbsp; Le moulin à eau de Lindekemaele (je pense que c'est de lui qu'il s'agit vu leur proximité) est devenu un restaurant.&amp;nbsp; Je sens que je vais bientôt leur rendre une petite visite...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/1069749842.JPG&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-8625314&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/3972367797.JPG&quot; alt=&quot;esplechin,moulin à vent,woluwé-saint-lambert,moulin à eau,moulin,arc-ainière&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/729144075.JPG&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-8625318&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/936521694.JPG&quot; alt=&quot;esplechin,moulin à vent,woluwé-saint-lambert,moulin à eau,moulin,arc-ainière&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/309645674.JPG&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-8625321&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/4033464242.JPG&quot; alt=&quot;esplechin,moulin à vent,woluwé-saint-lambert,moulin à eau,moulin,arc-ainière&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/2463011802.JPG&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-8625322&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/3302827794.JPG&quot; alt=&quot;esplechin,moulin à vent,woluwé-saint-lambert,moulin à eau,moulin,arc-ainière&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/1088909050.JPG&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-8625324&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/3185018138.JPG&quot; alt=&quot;esplechin,moulin à vent,woluwé-saint-lambert,moulin à eau,moulin,arc-ainière&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/3641917539.JPG&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-8625326&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/2627333716.JPG&quot; alt=&quot;esplechin,moulin à vent,woluwé-saint-lambert,moulin à eau,moulin,arc-ainière&quot; width=&quot;323&quot; height=&quot;255&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/2658424780.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-8625330&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/1025911467.jpg&quot; alt=&quot;esplechin,moulin à vent,woluwé-saint-lambert,moulin à eau,moulin,arc-ainière&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Monique</name>
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<title>Le plus vieux citoyen d'Esplechin (4)</title>
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<updated>2011-08-08T16:47:44+02:00</updated>
<published>2011-08-08T16:41:00+02:00</published>
<summary>       Le restaurant &quot;La Calèche&quot; a remplacé le &quot;Moulin de briques&quot; et la...</summary>
<content type="html" xml:base="http://beaucarne.skynetblogs.be/">
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/caleche-thumb.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-8614520&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0pt;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/caleche.jpg&quot; alt=&quot;caleche.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;Le restaurant &quot;La Calèche&quot; a remplacé le &quot;Moulin de briques&quot; et la brocante &quot;Au vieux Moulin&quot; la minoterie.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une guerre avait eu lieu, à laquelle personne n’avait pu échapper.&amp;nbsp; Plus d’une fois, la nuit, les ailes du vieux moulin avaient tourné en fraude, au nez et à la barbe de l’occupant.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jour après jour, il se sentait vieillir.&amp;nbsp; Ses craquements se faisaient entendre de plus en plus loin.&amp;nbsp; Il fallut bien le restaurer... Il sortit de cette opération, requinqué et se remit au travail.&amp;nbsp; Hélas, pas pour longtemps...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le moulin de briques avait été abandonné par son propriétaire qui avait monté, près de l’&amp;nbsp;église, une minoterie à vapeur.&amp;nbsp; Cela faisait un bruit étrange et les enfants, intrigués, ne passaient jamais sans une certaine appréhension devant cette grande bâtisse dont les vitres sales et toutes blanches ne permettaient pas de voir à l’intérieur.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les affaires du moulin de bois périclitèrent&amp;nbsp;: la minoterie pouvait faire le même travail pour moins cher et plus rapidement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et, un jour, le dernier monnier serra le frein autour de la grande roue et déshabilla les ailes, pour la dernière fois.&amp;nbsp; Il ferma la porte à clef, descendit lourdement l’escalier et s’éloigna sur le bas-chemin, en se retournant deux ou trois fois.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’était bien fini.&amp;nbsp; Le moulin avait terminé sa carrière, après plus d’un siècle et demi de bons et loyaux services.&amp;nbsp; Il resta là, immobile, pendant des années...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette immobilité lui pesait, certes.&amp;nbsp; Mais il ne se plaignait pas trop.&amp;nbsp; Il avait toujours vécu au même endroit et tout ce qu’il demandait c’était d’y rester, jusqu’à la fin.&amp;nbsp; Ici, il était chez lui.&amp;nbsp; Il voyait les choses comme il les avait toujours vues.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les hivers étaient plus déprimants.&amp;nbsp; Personne ne venait le voir.&amp;nbsp; Les vent sifflaient dans ses ailes, inutilement, c’était triste à pleurer.&amp;nbsp; Les bas-chemins se gorgeaient d’eau et devenaient impraticables.&amp;nbsp; Toute la grande couture était noyée de pluie, au point qu’il n’en voyait même plus l’horizon.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Parfois, le temps tournait à la gelée.&amp;nbsp; Tout devenait sec et clair.&amp;nbsp; Il revoyait, au loin, le troupeau de maisons agglutinées le long de la rue du village, avec la vieille église comme chez de file.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De temps à autre, - oh, rarement&amp;nbsp;! – un fermier venait visiter son champ.&amp;nbsp; Il fumait une pipe en arpentant sa terre, se baissait parfois, comme s’il voulait la caresser, se battait les flancs pour se réchauffer, puis s’en allait rapidement vers sa ferme toute chaude.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Puis, c’était la neige et tout devenait blanc, depuis la butte jusqu’à perte de vue.&amp;nbsp; Même les maisons et l’église disparaissaient sous leur manteau.&amp;nbsp; Seules, quelques taches noires par-ci par-là&amp;nbsp;: les corneilles, qui craillaient tristement en cherchant leur nourriture à grand-peine.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais bientôt, la grande plaine blanche perdait de son uniformité.&amp;nbsp; La terre et des touffes d’herbe qui bordaient les bas-chemins émergeaient, peu à peu, par plaques, de leur manteau d’hiver.&amp;nbsp; L’espoir flottait dans l’air.&amp;nbsp; Les vents se faisaient plus doux, les pluies moins froides...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et c’était le miracle... Tout reprenait comme avant.&amp;nbsp; Les fermiers revenaient, fidèles au rendez-vous du printemps et, avec un peu d’imagination, on pouvait presque entendre la voix du monnier qui, de sa galerie, leur criait le bonjour&amp;nbsp;:&lt;br /&gt; &amp;nbsp;«&amp;nbsp; Hé, Firmin, commint qu’cha v&amp;nbsp;? Ein dirout que l’temps y s’est r’mis au beo&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;br /&gt; - «&amp;nbsp; Awé, monnier.&amp;nbsp; Ein va pouvoir erprint’ l’ouvrach’&amp;nbsp;! «&amp;nbsp;répondait le vieux Firmin, qui ajoutait&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Y c’minchou à êt’ temps&amp;nbsp;!..&amp;nbsp;»&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les gosses rappliquaient aussi.&amp;nbsp; D’abord, par petits groupes.&amp;nbsp; Puis, en bandes, aux vacances de Pâques (les petites vacances).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Depuis quelques années, le bidet d’osier et tous les joyeux archers et «&amp;nbsp;gais amis&amp;nbsp;» de la fanfare avaient abandonné leurs activités pascales.&amp;nbsp; Tout se perdait&amp;nbsp;!..&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais il restait les grandes vacances et la moisson.&amp;nbsp; Alors, on se retrouvait en famille, comme au bon vieux temps.&amp;nbsp; Les petits glaneurs reprenaient leurs habitudes&amp;nbsp;: à midi, on mangeait ses tartines de confiture et on buvait son café à l’ombre du moulin.&amp;nbsp; Et plus d’un , parmi les aînés, frottait et secouait sa tignasse, comme s’il avait reçu une poignée de son, jetée par le monnier.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais il n’avait plus rien à craindre de ce côté-là.&amp;nbsp; Il n’y avait plus de monnier.&amp;nbsp; Il ne restait plus qu’une chose vide, immobile, définitivement.&amp;nbsp; Déjà, parmi ces gosses, certains ignoraient ce qu’était un moulin qui «&amp;nbsp;tourne&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans un sens, ils y gagnaient&amp;nbsp;: ils pouvaient tout faire, maintenant.&amp;nbsp; Ils grimpaient sur les piliers et jusqu’en haut des poutres.&amp;nbsp; Ils allaient même s’asseoir sur la galerie.&amp;nbsp; De temps en temps, un fermier leur criait bien&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Déchin d’là, t’vas t’casser ein’ gambe ‘t’ à l’heure&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&amp;nbsp; Mais ils n’y prenaient pas garde et continuaient.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il était devenu leur terrain de chasse.&amp;nbsp; Le haut lieu de leur jeunesse.&amp;nbsp; Il en avait toujours été ainsi.&amp;nbsp; On gravait ses initiales sur ses poutres.&amp;nbsp; On écrivait&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Pierre fréquente avec Josiane&amp;nbsp;».&amp;nbsp; On dessinait des cœurs, tout en lorgnant la gamine, à côté, avec une certaine émotion...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Porter sur ses poutres la trace de dix générations de premières amours&amp;nbsp;: le vieux moulin de bois en était fier...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Puis, laissé à l’abandon, moreau par morceau, il tomba en ruines.&amp;nbsp; D’abord, ce fut une planche vermoulue de l’escalier qui céda sous la pesée d’un jeune pied.&amp;nbsp; Plus tard, quelques lattes d’une aile s’envolèrent, sous les coups du vent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au loin, l’autre moulin diminuait d’année en année&amp;nbsp;: les ailes disparurent d’abord, puis la coupole tournante.&amp;nbsp; Et bientôt, il n’y eut plus qu’un amas informe de briques qui, un jour, furent enlevées.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le moulin de bois resta seul... On aurait pu, dès lors, l’appeler comme on l’appelait avant... Mais on ne le fit pas.&amp;nbsp; Il resta toujours le «&amp;nbsp;moulin d’beos&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pendant plusieurs années encore, il tint bon... Mais, impitoyable, le temps continua son oeuvre de destruction.&amp;nbsp; Le propriétaire s’en désintéressa.&amp;nbsp; Les autorités communales n’en furent pas plus émues.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si grande est l’ingratitude des hommes&amp;nbsp;!..&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/moulin-thumb.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-8614537&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0pt;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/moulin.jpg&quot; alt=&quot;moulin.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<name>Monique</name>
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<title>Le plus vieux citoyen d'Esplechin (3)</title>
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<updated>2011-08-05T17:22:03+02:00</updated>
<published>2011-08-05T17:21:00+02:00</published>
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<summary> &amp;nbsp;  (Dessin à la plume de Gérard HENNEBICQ)       &amp;nbsp;  Ainsi,...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;(Dessin à la plume de Gérard HENNEBICQ)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/moulinvent-thumb.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-8608690&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0pt;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/149449/moulinvent.jpg&quot; alt=&quot;moulinvent.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ainsi, les années passèrent, paisiblement... De temps à autre, un meunier plus jeune reprenait le travail de l’ancien...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un second moulin avait été construit de l’autre côté de la grande couture.&amp;nbsp; Il était en briques et seule, la tête pivotait pour se mettre dans l’axe du vent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une certaine rivalité s’installa, dès lors.&amp;nbsp; Et, pour conserver le plus possible de sa clientèle, le meunier envoya au village, un «&amp;nbsp;cacheux d’monnées&amp;nbsp;» qui, avec son gros chariot bâché, passa de ferme en ferme, à jours fixes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cela devint rapidement une habitude et bientôt, on oublia l’ancien système.&amp;nbsp; La fermière disait à sa fille&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Allez, l’afant&amp;nbsp;! Ch’est l’jour du monnier.&amp;nbsp; Y fait faire ein’monnée.&amp;nbsp; Mets aussi un sac de swâl&amp;nbsp;: y n’a pus d’molage pour les bliètes&amp;nbsp;».&amp;nbsp; Le chariot emportait les deux sacs et ramenait, plus tard, la farine, le son et le moulage de seigle...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pendant ce temps, le moulin tournait allègrement...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Depuis sa construction, les gens l’avaient toujours appelé «&amp;nbsp;l’moulin&amp;nbsp;», tout simplement.&amp;nbsp; Dès qu’ils furent deux, il fallut dire «&amp;nbsp;l’moulin d’beos&amp;nbsp;» pourle distinguer du «&amp;nbsp;moulin d’briques&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais ce dernier n’eut jamais la même renommée, du moins pour les gosses.&amp;nbsp; Il avait été construit à proximité d’un pâté de maisons.&amp;nbsp; Ce n’était donc pas, comme le moulin de bois, un point stratégique, un but de promenade.&amp;nbsp; Ce n’était pas une grande expédition que d’y aller.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ah, ces gosses... A la moisson, pendant les grandes vacances, ils arrivaient le matin, en ribambelle, pour glaner dans les champs.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Toute la matinée, riant et se chamaillant, ils ramassaient les épis perdus, les rassemblaient en glanes qu’ils cachaient pour ne pas se les faire chiper par les autres.&amp;nbsp; Ils portaient, en bandoulière, une musette dans laquelle ils glissaient les «&amp;nbsp;courts épis&amp;nbsp;», ceux dont la tige était cassée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Parfois, pour aller plus vite, pour en avoir plus que les autres, ils arrachaient, pine de rien, une bonne poignée d’épis à une gerbe déjà mises en meules&amp;nbsp;: «ils saquaient à l’muque&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quand les cloches de l’église, là-bas, au village, sonnaient l’Angélus, ils se rassemblaient sur la butte du moulin.&amp;nbsp; Ils mangeaient leurs tartines de confiture et buvaient le café tiède de leur gourde en fer blanc.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le monnier, de sa galerie, leur criait&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Hé, Louis... J’t’ai vu satchi à l’muque, ‘t à l’heure !&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;&lt;p&gt;- «&amp;nbsp;Ch’est nin vrai, monnier&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» hurlait Louis.&amp;nbsp; Bien sûr que c’était vra&amp;nbsp;: tout le monde saquait à l’muque... Le monnier riait bruyamment et leur jetait des poignées de son à la tête.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt; Parfois, les ailes étaient immobiles.&amp;nbsp; Ils pouvaient alors jouer où ils voulaient, sans qu’ils aient à craindre le fameux «&amp;nbsp;coup de moulin&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;Chaque fois que cela se produisait, ils entendaient, venant de l’intérieur, un bruit bizarre – ting, ting, ting – qui a dû rester longtemps dans leurs oreilles avant qu’ils n’apprennent ce qu’il signifiait.&amp;nbsp; C’était le monnier qui, avec son pic, recreusait les rainures de ses meules.&amp;nbsp; Cela durait une journée, parfois plus...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; ***************&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Une fois par an, le lundi de Pâques, c’était la fête au moulin de bois.&amp;nbsp; La société de tir à l’arc devait choisir son «&amp;nbsp;roi&amp;nbsp;» pour l’année.&amp;nbsp; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Dans la matinée, quelques hommes venaient sur la butte et y dressaient une longue perche dont l’extrémité arrivait à hauteur de la girouette.&amp;nbsp; Tout en haut, ils avaient accroché une dizaine de boules de paille, garnies de plumes, qui étaient censées représenter des oiseaux.&amp;nbsp; Des «&amp;nbsp;ojeots&amp;nbsp;», comme ils disaient.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L’après-midi, les archers se réunissaient autour de la perche et essayaient d’abattre le plus d’ojeots possible.&amp;nbsp; Celui qui parvenait à enlever le maître-oiseau, placé tout seul au-dessus des autres, était consacré «&amp;nbsp;roi&amp;nbsp;».&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Vers deux heures, de la butte, on entendait la fanfare qui quittait le village.&amp;nbsp; Et très vite, on pouvait voir, au loin, tout au but du bas-chemin, le groupe qui s’approchait.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; D’abord, il y avait «&amp;nbsp;l’bidet d’osier&amp;nbsp;».&amp;nbsp; Un homme déguisé avait accroché autour de sa ceinture une armature d’osier qui, recouverte d’oripeaux, représentait un cheval.&amp;nbsp; Il caracolait, et tournait autour des enfants qui faisaient semblant d’avoir peur.&amp;nbsp; Tout le monde riait.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Derrière le «&amp;nbsp;bidet d’osier&amp;nbsp;», venait la fanfare.&amp;nbsp; D’abord, le drapeau triangulaire avec des rubans et des médailles à sa pointe supérieure.&amp;nbsp; Puis les deux tambours, encadrant la grosse caisse.&amp;nbsp; Il fallait deux musiciens pour cet instrument&amp;nbsp;: un qui le portait sur le dos et l’autre qui avait fort à faire avec sa mailloche et ses cymbales.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Suivait ensuite le reste de la clique avec, à côté, hors des rangs, le chef de musique qui battait la mesure.&amp;nbsp; A la fin du groupe, un solide gaillard se déhanchait en soufflant dans son gros tuba.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Puis venaient les archers, tout enrubannés, portant arc et carquois sur l’épaule.&amp;nbsp; A leur tête, couvert de médailles, le «&amp;nbsp;roi&amp;nbsp;» de l’année précédente.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Derrière eux, un autre cheval – un vrai, celui-là – tirait un «&amp;nbsp;barou&amp;nbsp;» dans lequel se trouvaient des tonneaux de bière.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tout ce monde joyeux s’acheminait jusqu’à la butte du moulin, sous les acclamations et les rires des gens du village, postés le long du trajet.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le premier tonneau mis en perce dans un grand éclaboussement de bière, le concours pouvait commencer... Il se poursuivait jusque très tard dans l’après-midi, sous les bravos ou les quolibets des spectateurs.&amp;nbsp; Les «&amp;nbsp;ojeots&amp;nbsp;» tombaient les uns après les autres.&amp;nbsp; Les chopes se remplissaient et se vidaient.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un des archers abattait le maître-oiseau et c’était le délire&amp;nbsp;: la compagnie avait son nouveau «&amp;nbsp;roi&amp;nbsp;».&amp;nbsp; Les médailles et les rubans changeaient de poitrine et le cabaretier ambulant mettait un autre tonneau en perce... Ah, quelle journée&amp;nbsp;!..&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quand la dernière boule de paille s’envolait avec la dernière flèche, on buvait une dernière chope, on pliait bagage et tout le monde reprenait le chemin du retour, dans le même ordre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quelques différences, toutefois&amp;nbsp;: les «&amp;nbsp;ojeots&amp;nbsp;» gagnés garnissaient les arcs, le «&amp;nbsp;roi&amp;nbsp;» n’était plus le même que tantôt, les tonneaux étaient vides et ... tous étaient encore plus joyeux qu’à l’aller, surtout le «&amp;nbsp;bidet d’osier&amp;nbsp;»...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et le moulin restait une fois de plus seul, dans&amp;nbsp; la nuit qui tombait...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais toutes les bonnes choses ont une fin... (A suivre)&lt;/p&gt;
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<name>Monique</name>
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<title>Le plus vieux citoyen d'Esplechin (2)</title>
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<id>tag:beaucarne.skynetblogs.be,2011-07-25:6661119</id>
<updated>2011-08-04T15:32:25+02:00</updated>
<published>2011-07-25T17:46:00+02:00</published>
<summary>       Il avait vu le jour en 1760 et, cet été-là, quand ses grandes...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.7em 0pt;&quot; src=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/73240/903_3b497b293ab7bac764708f0282257b9b.jpg&quot; alt=&quot;903_3b497b293ab7bac764708f0282257b9b.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.7em 0pt;&quot; src=&quot;http://static.skynetblogs.be/media/8317/dyn005_original_500_375_pjpeg_1896_8d10bd605479a47e597ea0610686481a.jpg&quot; alt=&quot;dyn005_original_500_375_pjpeg_1896_8d10bd605479a47e597ea0610686481a.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il avait vu le jour en 1760 et, cet été-là, quand ses grandes ailes de bois et de toiles avaient commencé à tournoyer, il y avait eu une petite fête au village.&amp;nbsp; Tout le monde avait couru vers la &quot;grande couture&quot; pour le voir vivre, au carrefour des &quot;bas-chemins&quot;, sur son énorme butte.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les gens disaient que c'était là un vraiment beau moulin.&amp;nbsp; Ceux qui s'y connaissaient trouvaient qu'il était réussi et que son charpentier savait bien son métier.&amp;nbsp; pour sûr !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les gosses - et des grandes personnes aussi - s'étaient mis à danser autour de ce grand corps tournoyant.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chaque aile descendait presque au ras du sol et faisait, en passant, un bruit amusant &quot;wouw... wouw... wouw...&quot;.&amp;nbsp; On aurait voulu s'approcher pour mieux l'entendre.&amp;nbsp; Mais les vieux fermiers criaient : n'alleu pos trop près, vous pourrou attraper ein coup d'moulin !&quot;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le propriétaire y était, bien sûr.&amp;nbsp; Il se réjouissait.&amp;nbsp; Il pensait à tout l'argent qu'il allait pouvoir retirer de ce moulin.&amp;nbsp; C'était un brave homme, riche, de grande famille.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il avait dit à son meunier de distribuer la première farine à tous ceux qui étaient là.&amp;nbsp; Et tout lemonde était bien content.&amp;nbsp; Les enfants et les femmes dansaient et, pendant ce temps, les hommes buvaient de la bière qu'on tirait d'un grand tonneau, au bas de la butte.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Monsieur le Curé était venu aussi, avec un enfant de choeur, tous deux en surplis blancs.&amp;nbsp; Il avait dit quelques prières auxquelles on avait répondu.&amp;nbsp; Puis i avait, d'un grand geste, jeté de l'eau bénite sur le moulin.&amp;nbsp; Ainsi il pouvait être assuré d'avoir de la farine tous les jours de l'année.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Après cela, il avait enlevé son surplis, l'avait plié soigneusement avec celui de l'enfant de choeur, avait bu une chope avec les hommes, puis il était reparti, emportant son eau bénite.&amp;nbsp; L'enfant de choeur, lui, était resté avec les autres.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le soir tombant, on était retourné au village, par les bas-chemins.&amp;nbsp; Les uns, en haut de la crête, le long des champs, les autres, deux mètres plus bas, au creux de la route qui avait l'air d'un petit ravin.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chacun portait son &quot;saclet&quot; rayé, plein de farine et un autre sac contenant du son pour la basse-cour.&amp;nbsp; C'étaient les hommes maintenant, un peu éméchés, qui chantaient à tue-tête.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ah ! Cela avait été une belle journée ! Les gens, dans ce temps, savaient s'amuser... A tout moment, quelqu'un se retournait pour voir une dernière fois le moulin qui se dressait fièrement sur sa butte, bien visible, à la portée de tous les vents, au milieu de la grande couture où il n'y avait jamais eu que des champs et pas de maisons.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Puis, le meunier avait mis le frein à la grande roue et avait déshabillé les ailes, une à une, comme un marin aurait cargué les voiles de son navire, à l'arrivée au port.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La nuit était tombée tout à fait quand, après avoir fait tourner la grosse clef de la serrure, le meunier avait pu rentrer chez lui, en se tapotant les bras et les épaules pour faire tomber le plus gors de la farine dont il était saupoudré.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le moulin, lui, était resté seul.&amp;nbsp; Le vrai travail commencerait après-demain, lundi.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;********************************************************************************&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le lundi arriva.&amp;nbsp; Et les autres jours de la semaine.&amp;nbsp; Les semaines se suivirent, les mois, les saisons, les années.&amp;nbsp; Le moulin faisait son métier de moulin, vaillamment.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dès le début, il y eut du travail, bien qu’on ne fût encore qu’à l’époque des moissons.&amp;nbsp; Il restait du grain de l’année précédente à moudre.&amp;nbsp; Et puis, il fallait l’essayer, ce nouveau moulin...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les fermiers, en arrivant le matin dans leurs champs tout proches, avant de se mettre au travail, amenaient leur «&amp;nbsp;barou&amp;nbsp;», sorte de chariot à trois roues, sous la galerie.&amp;nbsp; Hissés par la signolle, les sacs montaient les uns après les autres et passaient par la trappe pratiquée dans le plancher.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Là, le «&amp;nbsp;monnier&amp;nbsp;» les prenait en charge, les pesait et en versait le contenu dans le bac à grain.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il fallait voir ces beaux grains de blé, couleur de bronze, tout gorgés du soleil de l’an passé.&amp;nbsp; Ils se pressaient dans les conduits de bois, passant du tarare où ils étaient nettoyés à l’auget qui, par petites secousses, les poussait impitoyablement dans l’œillard de la meule tournante.&amp;nbsp; C’est là qu’ils terminaient leur vie de grain, disparaissaient entre deux lourdes pierres rugueuses qui avaient pour mission de les réduire en poudre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Celle-ci, recrachée par les monstrueuses mâchoires périphériques des meules, s’acheminait ensuite, de conduits en trémies, jusqu’au blutoir qui finalement séparait la farine du son.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une autre paire de meules, dans un circuit plus court, servait au moulage du seigle et d’autres céréales destinées au bétail.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour ces travaux apparemment paisibles, tout&amp;nbsp; un monde effrayant s’agitait&amp;nbsp;: axes, roues, cames et engrenages se mouvaient en tous sens, à des rythmes démesurément différents, sous la seule mais puissante impulsion de l’arbre «&amp;nbsp;tournant&amp;nbsp;», énorme tronc de chêne, entraîné lui-même par les ailes que le vent poussait.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette machinerie semblait dotée d’une âme barbare, inexorable... Elle emplissait le moulin entier de ses gémissements et de ses craquement.&amp;nbsp; Une fine poussière blanche dansait en permanence dans les rayons dorés que le soleil glissait par les lucarnes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et, par-dessus tout, une odeur indéfinissable, propre aux moulins.&amp;nbsp; Plutôt un mélange d’odeur de grain, de farine, de sac, s’ajoutant, en été, à celle du bois surchauffé des parois.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Parfois, le monnier «&amp;nbsp;sentait&amp;nbsp;» une baisse de régime dans le mouvement de la machinerie.&amp;nbsp; Il descendait alors l’escalier et, clignant des yeux, observait la girouette.&amp;nbsp; Le vent avait tourné... Oh, pas beaucoup...mais suffisamment pour que les ailes ne puissent plus utiliser toute la force du vent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le monnier criait à son aide&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;jean, faut bougi l’moulin&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jean descendait à son tour et, à deux, avec le treuil, ils le faisaient pivoter, tout entier, autour de son attache, un autre tronc de chêne vertical formant l’axe.&amp;nbsp; «&amp;nbsp;Beon, cha ira comm’cha&amp;nbsp;! disait le monnier et ils regrimpaient lentement l’escalier.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’autres fois, c’était la force du vent qui changeait.&amp;nbsp; Il fallait alors garnir les ailes ou les dégarnir, en déployant ou en diminuant la toile qui les recouvrait.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tout cela faisait partie de la routine du métier.&amp;nbsp; Les deux hommes trouvaient parfois le temps de fumer une pipe sur la galerie.&amp;nbsp; De là, ils avaient une vue très belle de la grande couture.&amp;nbsp; Une énorme mosaïque faite de rectangles de différentes couleurs allant, suivant la saison, du brun foncé de la terre fraîchement labourée aux jaunes dorés des moissons, en passant par toute la gamme des verts&amp;nbsp;: betteraves, pommes de terre, céréales en herbe.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ils pouvaient voir aussi les fermiers travaillant sur leurs champs.&amp;nbsp; «&amp;nbsp;Tin, Batisse-Jean-Philippe y démarie ses «&amp;nbsp;bétraches&amp;nbsp;».&amp;nbsp; Y n’perd pos d’temps&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&amp;nbsp; Puis, après un rapide coup d’oeil aux nuages&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Ch’est vrai que l’temps s’rout ben à l’pleuf&amp;nbsp;!..&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;(A suivre)&lt;/p&gt;
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<name>Monique</name>
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<title>Le plus vieux citoyen d'Esplechin</title>
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<updated>2011-07-25T07:33:40+02:00</updated>
<published>2011-07-24T19:52:00+02:00</published>
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<summary> (texte de Albert-Henri GALAN)  &amp;nbsp;     Je n'ai jamais vu ce...</summary>
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&lt;p&gt;(texte de Albert-Henri GALAN)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.7em 0pt;&quot; src=&quot;http://www.cebe.be/website/a_cebe/b_htm/moulin2.jpg&quot; alt=&quot;moulin2.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je n'ai jamais vu ce moulin... De l'endroit où je me trouve et où je suis immobilisé jusqu'à la fin de mes jours, il m'est impossible de le voir : une grande maison et un écran d'arbres et de verdure s'interposent entre lui et moi.&amp;nbsp; Je suis d'ailleurs entouré de choses étranges qui n'existaient pas, à l'époque de mes jeunes années...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je n'ai jamais quitté mon village... Mon village !.. Maintenant, on dit une ville.&amp;nbsp; Par un processus démographique, comme ils disent, mon village est devenu une ville qui, elle-même, a été absorbée par une autre ville, plus grande.&amp;nbsp; C'est très difficle à expliquer et cela ne s'est pas fait en une semaine, vous pensez bien.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Rassemblant mes vieux souvenirs, je revois - oh, il y a très longtemps - une campagne toute simple, des champs, des sablières, des arbres, quelques maisons.&amp;nbsp; Des oiseaux aussi, partout, qui trouvaient le village joli, puisqu'ils y restaient.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y avait aussi un ruisseau qui gazouillait d'une pierre à l'autre.&amp;nbsp; Mon ruisseau.&amp;nbsp; Ma rivière.&amp;nbsp; Je la connais bien.&amp;nbsp; Je dis cela au présent parce qu'elle existe toujours.&amp;nbsp; Elle chante toujours sur les mêmes pierres.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C'est d'ailleurs à peu près la seule chose qui soit restée de tout ce qui était dans le vieux temps, à l'époque où j'étais plus jeune.&amp;nbsp; Tout, ou presque tout a disparu et a été remplacé par du neuf.&amp;nbsp; C'est parfois beau, mais pas toujours... selon moi du moins qui suis vieux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ma rivière, comme je vous le disais, continue à chanter, mais il faut être tout près d'elle pour l'entendre, parce qu'avec le bruit de la route qui la longe... Cette route, par exemple, c'est nouveau : ils roulent dessus à quatre automobiles de front, pour aller plus vite... Dans le temps, il y avait un sentier où l'on se promenait l'un derrière l'autre, pour écouter chanter ma rivière et les oiseaux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Maintenant, les oiseaux doivent chanter pour eux-mêmes.&amp;nbsp; Ces choses qui volent comme eux, là-haut, cela fait un tel bruit que plus personne ne les entend, je veux dire les oiseaux.&amp;nbsp; Quand un &quot;djett&quot; passe (c'est ainsi qu'on les appelle), tout le monde se tait.&amp;nbsp; A quoi bon, on ne se comprendrait pas, si on parlait...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De l'autre côté de la route, ils ont construit dernièrement un grand bâtiment où toutes sortes de boutiques sont rassemblées.&amp;nbsp; Cela amène un monde fou, même le dimanche.&amp;nbsp; On n'est plus chez soi !.. Enfin, c'est le progrès, comme disent les vieilles gens.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je vous parlais du vieux moulin... Je ne l'ai jamais vu, mais je peux l'entendre.&amp;nbsp; Et depuis quelques années déjà, il me parle : il me dit ses souvenirs, ses joies passées.&amp;nbsp; Son amertume aussi, parfois.&amp;nbsp; Bien qu'il soit assez réservé, à cet égard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voici ce qu'il m'a raconté, certains jours où le vent soufflait dans la bonne direction.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vieux, il l'est, assurément.&amp;nbsp; Quoique, à mon sens, pour un moulin, ce n'est pas être vieux que d'avoir deux cents ans.&amp;nbsp; D'ailleurs, vous ne le diriez pas : il a été restauré à plusieurs reprises.&amp;nbsp; Et la dernière fois, tout récemment, à l'époque où il est arrivé chez nous.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car voilà le drame : il n'est pas de chez nous.&amp;nbsp; C'est un moulin &quot;déplacé&quot;.&amp;nbsp; Il vient d'un petit village, à vingt-cinq lieues d'ici.&amp;nbsp; Un petit village bien tranquille où le progrès n'a pas accès, ou si peu.&amp;nbsp; Un village tout simple qu'il regrette, comme toutes les personnes déplacées regrettent le pays d'où elles sont nées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais pour lui, le drame est encore plus grand : il ne travaille plus.&amp;nbsp; Il est devenu un musée et, les rares fois où l'on permet à ses ailes de tourner, c'est seulement pour la démonstration, sous les yeux ébaudis des gens qui sont venus le voir et qui veulent tout comprendre.&amp;nbsp; Mais pas un grain de blé n'entre chez lui et pas la plus petite poussière de farine n'en sort.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;N'être pas chez soi et ne servir à rien : voilà qui est bien éprouvant, même pour un moulin...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;(A suivre)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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