19/11/2016

Décès de maman

Après plusieurs hospitalisations et bien des souffrances malheureusement sur la fin, maman est décédée à 84 ans, en avril 2016.  Papa l'avait rejointe peu de temps avant en maison de repos.

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Maman,

 

Une petite femme réservée, menant une vie toute simple dans la ferme familiale, c'est sûrement ainsi qu'on te percevait dans le village.

 

Une fermière qui, malgré les difficultés du quotidien et une santé fragile, a dû mener de front l'éducation d'une famille nombreuse et le dur labeur des agriculteurs.

 

Nous menions une vie rustique, parfois rude mais saine, dans la grande maison où se côtoyaient 4 puis 3 générations. Vous nous avez donné une bonne santé, inculqué le respect, l'esprit de service et d'entraide, l'amour de la nature, se satisfaire de ce qu'on a. Tu as veillé à notre éducation religieuse et tu étais attentive à notre instruction.

Maman, tu économisais quelques francs que tu mettais dans un tiroir, en élevant des lapins, en vendant du beurre, du lait et ces quelques sous se transformaient en jouets, en livres à la Saint-Nicolas, en oeufs de Pâques.

 

Quand je pense à mon enfance, je revois cette grande cour et ses dépendances, véritable plaine de jeux pour la bande de cousins. Je revois ton rire quand nous faisions nos pitreries. Ton sourire quand nous entonnions en choeur les chansons de l'époque. Et puis l'appel au calme et au silence dès que papa rentrait...

Quand je pense à notre enfance, je revois aussi tes allers-retours en maison de santé, le petit frère qui a dû être placé chez nos grands-parents maternels. Ma grand-mère paternelle qui s'occupait de nous avec amour et dévouement quand tu n'étais pas là.

Notre adolescence s'est passée assez sereinement, enfin presque, comme toutes les adolescences... Tu aimais nous voir faire partie de groupes de jeunes du village et tu étais souvent la complice de nos sorties et de nos premières amours.


Tu as vu avec joie ta famille s'agrandir avec la venue de beaux-fils et belles-filles que tu as accueillis avec la discrétion mais la chaleur qui sont tiennes.

Puis tu es devenue grand-mère. C'était très important pour toi, d'offrir des cadeaux à tes petits-enfants puis arrière-petits-enfants. Tu ne ratais jamais une fête scolaire, sauf quand tu étais malade.


Tu organisais des dîners afin d'avoir le plaisir de nous voir tous réunis devant un bon repas, dans une ambiance joyeuse, avec comme dessert ta délicieuse tarte brésilienne ou ton gâteau de Savoie. Jusqu'à ce que la fatigue des années se fasse trop sentir...

 

Maman,

 

Nous avons tout fait pour que tu vives, avec papa, dans le confort et avec tous les soins nécessaires, en aménageant la maison pour vos vieux jours, que vous profitiez enfin des économies que vous aviez réalisées grâce à votre travail.


Puis tu as choisi de partir en home pour te reposer complètement et tu y as été heureuse et sereine pendant plusieurs années. Tu y as trouvé un environnement chaleureux et tu étais appréciée de tous. « Elle est si gentille, votre maman !», nous disait-on souvent.

Malheureusement, ces ennuis pulmonaires récurrents ont eu raison de ta résistance et de ton désir de vivre. Tu as combattu plusieurs fois la mort en soins intensifs et tu n'as lâché prise que quand tu n'en pouvais vraiment plus. Le dimanche précédent, tu avais reçu, encore consciente, le dernier sacrement de ta vie de chrétienne.

Courageuse petite maman, je te dis au revoir et merci pour tout ce que tu m'as donné et appris dans la vie, à ta façon, comme tu le pouvais, mais, je le sais, avec amour.


Monique

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C'était Lundi,

 

il était un peu plus de 10h et le glas s'est mis à sonner. Malgré le soleil qui brillait dehors, le froid a gagné mon cœur et mon corps. Enfin, je me mets à pleurer car je me rends compte que tu es partie et que plus jamais je ne te reverrais. Il y a quelques semaines, j'ai acheté un livre pour moi, ou pour mes enfants, je ne sais pas trop... Une très jolie histoire intitulée "la recette des souvenirs". Cela parle du temps, d'une boîte, de choses à valeurs sentimentales et des souvenirs qui nous submergent en l'ouvrant. Aujourd'hui, j'ai décidé de partager avec vous ma boîte à souvenirs de bonne-maman.

 

Elle ressemble à une boîte à biscuits, une belle boîte, comme celle remplie de galettes que tu sortais le 1er de l'an. L'intérieur y est très organisé, avec des cachettes et des endroits pour tes petits secrets. Une odeur de muguet en émane, comme celui qui envahissait ton parterre au beau temps. Elle est éclairée par le sourire qui illuminait ton visage quand tu me voyais arriver seule, avec Thomas ou les enfants. Si on tend bien l'oreille, on peut y entendre tes fous rires discrets mais si communicatifs qu'on ne pouvait y résister. Quand j'y mets la main, je peux sentir la douceur des bébés lapin que tu aimais me montrer et la chaleur des pulls que tu nous tricotais.

 

Si je m'en approche de très près, je sens dans me bouche le goût sucré de la bûche de Noël que tu faisais ou plus tard commandais en espérant que nous venions en manger. Et il y a aussi ce livre tout au fond, celui que tu m'as donné quand tes mains n'étaient plus capables de pâtisser.

 

J'essaie de ne pas remplir cette boîte de tristesse ou de regrets, même s'il me reste celui de ne pas t'avoir trouvée au home à Noël dernier alors que tu te reposais. Cette boîte, je ne l'ai pas encore fermée, à peine rangée. Je compte l'ouvrir régulièrement, seule, avec mon conjoint ou mes enfants ... Ou peut-être avec l'un de vous qui me rappellera, dans 2 jours, un mois ou 10 ans, un souvenir oublié, un petit bout de ma bonne-maman.

 

Aurore

 

 

 

07:10 Écrit par Monique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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